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SCOLARISATION, INTEGRATION : LA SEULE SOLUTION AU PROBLEME ROM

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Le 27 mai, 10 campements de Roms ont été démantelés en Essonne sans qu’aucune solution alternative durable soit proposée aux familles « déplacées ». Hier 2 juin, c’était au tour de celui de Villebon sur Yvette. Depuis des années, cette politique qui consiste à chasser les Roms chaque fois qu’un nouveau camp se construit, a montré son inefficacité et son inutilité.

Contraintes pour survivre, de s’abriter avec des moyens de fortune dans des bidonvilles, ces familles Roms nous rappellent chaque jour que nous bafouons leur droit à la dignité.

En faire les boucs émissaires des français et les jeter en pâture à la vindicte populaire aux prétexte qu’il seraient responsables de leurs propres maux est une dérive dangereuse. Scander en permanence qu’il faut « démanteler les campements illicites » en osant évoquer « la dignité des populations Roms » est une stratégie qui mène tout droit aux idées d’une France bleu Marine que nous rejetons avec vigueur.

Depuis des années, le PCF de l’Essonne qui mène un combat émancipateur, demande la tenue d’une table ronde réunissant élus, représentants de l’Etat, associations. Il rappelle que des solutions existent, elles ont même parfois été expérimentées avec succès en Ile de France. OUI ! La solidarité peut et doit s’exercer pleinement et sans discrimination.

Il n’y a pas celle qui fonctionne pour les grandes causes ou maladies et celle qui s’efface et se tait devant des êtres misérables et sans espoir au seul fait qu’ils ont mauvaise réputation.

Les Roms sont des citoyens européens

Reconnaitre le droit au travail, le droit de circulation, que leur donne leur statut d’européen implique que l’on cesse de les chasser, de les expulser des bidonvilles et des squats. Leurs pays d’origine, en particulier la Roumanie et la Bulgarie sont terriblement frappés par la crise, la misère y sévit gravement. Lutter contre cette misère implique aussi la lutte contre les dictats financiers européens qui imposent leur modèle, exploitent les populations de ces pays et contraignent les familles les plus pauvres à l’exil.

C’est d’abord à l’Etat de prendre ses responsabilités.

Pour l’heure, il ne fait que déplacer le problème en faisant porter l'effort d'accueil de ces familles au coup par coup sur les seules communes. Ces actions réduisent à néant le travail d'insertion et d'accompagnement scolaire engagé par les associations et les municipalités. Avec les méthodes déployées par le préfet, nous ne faisons que contribuer à l’analphabétisation des enfants, nous encourageons la mendicité et la délinquance.

Or, ce n’est qu’au travers de la scolarisation et de l’intégration que nous pourrons construire un véritable parcours d’insertion de ces populations.

Nous demandons au Préfet de l'Essonne de surseoir aux l'expulsions jusqu'à la fin de l'année scolaire pour garantir la scolarité des enfants Roms, l'activité pédagogique et des actions de santé publique, de rechercher des solutions d'accompagnement comme celle de Grigny qui propose de mettre à disposition, un terrain d’accueil aménagé pour les familles en parcours d’insertion et enfin, l’application de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation qui prône après un diagnostic social des réponses en matière d’hébergement, de scolarisation de formation et autres. 

Le Parti Communiste Français, appelle tous les élus locaux de gauche et Républicains, le Conseil général de l’Essonne, à prendre leur part de responsabilité, exercer leur devoir de solidarité, et contribuer ainsi à mettre un terme à cette situation inhumaine et honteuse pour notre pays .

A Corbeil le 3 juin 2014

Il y a actuellement 3 réactions

  • Finalement le maire de Grigny a choisi son camp

    Au matin du 5 août, le maire communiste de Grigny a fait mettre à exécution l'expulsion des résidents du camp de Grigny dit La Folie qu'il avait demandé et obtenu du tribunal, condamnant ainsi de nouveau environ deux centaines de personnes originaires de Roumanie à l'errance. Parmi ceux-ci de nombreux enfants scolarisés à Grigny dont l'intégration est encore une fois compromise. Le maire de Grigny fait ainsi partie de la meute des élus locaux, tous bords politiques confondus, qui appliquent sans vaciller la politique de l'actuel gouvernement contre les Roms.

    Par Baxtalo, le 05 août 2014 à 11:15.

  • Le maire de Grigny va dans le bon sens

    Le 19 juin le maire de Grigny a accordé plusieurs domiciliations pour des résidents du bidonville installé dans sa commune. Il suit ainsi une voie humanitaire devenue rare en se conformant à la loi. Il semble que toutes les associations présentes sur le terrain lui demandent un véritable acte politique plus courageux encore : celui de surseoir à la destruction (imminente) du bidonville qui est sur un terrain communal afin de laisser le temps d'intégrer les populations résidentes. Espérons que le maire de Grigny écoutera la voix de la raison en suivant la politique de ces maires qui comme celui de Lieusaint (socialiste) et de Gardanne (Front de Gauche) se sont opposés aux sirènes de la xénophobie (et ont été réélus !). Une décision récente du TGI de Bobigny qui, s'opposant au droit de propriété, stipule que : "la perte d'un logement, aussi précaire soit-il, est une des atteintes les plus graves au droit au respect du domicile et de la vie privée et familiale". Allons tous ensemble dans le même sens !

    Par Baxtalo, le 23 juin 2014 à 06:16.

  • Position du maire communiste de Grigny au sujet des Roms

    Jusqu'au 5 juin le maire de Grigny refusait de domicilier les Roms malgré la loi Dalo du 5 mars 2007 qui le met dans l'obligation de le faire. Une telle position est non seulement illégale, mais également raciste. Il semblerait qu'à la suite de l'intervention d'une association (http://perou-risorangis.blogspot.fr/) la politique de la mairie évolue dans le bon sens. S'agit-il d'une véritable inversion de politique ? Par ailleurs pourquoi un maire communiste fait-il toutes les démarches pour raser le campement situé sur sa commune, sachant que cette politique (couteuse) ne résoudra aucun problème ? Quelle est la position des communistes de l'Essonne ? Ne demander au préfet de l'Essonne de sursoir aux expulsions que jusqu'à la fin de l'année scolaire, n'est-ce pas contradictoire avec la position plus globale exprimée plus haut qui serait de ne pas les expulser tant qu'une solution n'est pas trouvée ?

    Par Baxtalo, le 07 juin 2014 à 20:04.