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Création d'un comité de défense du service public de la Poste.

C'est mercredi dernier que les élus, associations, retraités, syndicats et militants se sont retrouver pour faire le point sur la situation du service public postal.

Nous sommes en effet confrontés à un projet départemental qui va impacter 62 communes sur les 108 qui on une présence postale. Onze communes en particulier, sont considérablement impactées par des réductions d’amplitude horaire très importantes.

Cela conduit souvent la Poste à proposer à ces communes des passages en Agence Postale Communale ou en Relai Poste Commerçant. C’est de fait, une logique de rentabilité qui est en train de s’imposer à nos communes. Or, la notion même de Service Public doit répondre au principe d’égalité des citoyens devant les Service Publics. Cela nous amène donc à nous engager pour faire reculer la notion de rentabilité comme seul critère d’évolution du Service Postal, même si nous avons dans le même temps, le besoin de réfléchir sur l’évolution des besoins de nos concitoyens. Ces éléments conduisent la majorité des maires à penser que ce critère de rentabilité n’est pas compatible avec la notion de Service Public et nous sentons bien qu’il y a un mécontentement qui grandit de la part des élus, toujours très attentifs à la vitalité de leur commune et en particulier pour ce qui concerne l’activité commerciale. Ils ont le souci et la volonté de ne pas voir les Services Publics Postaux déserter leur territoire.

La Poste a bien sûr des obligations auxquelles elle s’engage auprès de l’Etat et de l’Association des Maires de France. Pourtant, le nouveau contrat triennal nous place dans une situation différente de celle qui conduisait auparavant la Poste à supprimer purement et simplement les bureaux de Poste. Elle agit maintenant d’une manière qu’on pourrait qualifier de plus perfide, en réduisant dans un premier temps l’amplitude horaire du bureau. Puis, lorsqu’on arrive à 12 heures d’ouverture hebdomadaire, faire le constat que le service est alors si affaibli que le bureau n’est plus fréquenté. Placés devant cette évidence, les maires sont alors conduits à accepter de négocier un passage en Agence Postale Communale ou en Relai Poste Commerçant. Nous n’avons plus dans ce cas que des services limités qui ne sont plus ceux que pouvait offrir un bureau de Poste de plein exercice : retraits limités, pas de possibilités d’ouverture de compte, etc.

Nous considérons au contraire qu’un point poste doit être complémentaire à l’activité d’un bureau de plein exercice et non le remplacer. Nous considérons aussi que les Points Commerçants peuvent être un outil utile, en les implantant là où il n’y avait plus de présence postale. Cette réflexion peut d’ailleurs s’appliquer plus généralement aux maisons de Services Publics dès lors qu’elles ne viennent pas se substituer à des services existants.

Le contrat triennal 2017-2020 marque également une différence majeure avec les précédents dans le sens où, lorsqu’il y avait une modification du bureau de Poste, l’accord du Conseil municipal était requis. Aujourd’hui, l’accord du Maire seul suffit, ce qui le met dans une situation d’isolement face à des enjeux d’importance. Nous sommes bien sûr, une majorité à penser que la réplique collective est plus intéressante qu’une réplique individuelle.

Encore faut-il s’entendre sur ce que l’accord du Maire implique. Dans le cas des réductions d’horaires, la Poste a l’obligation de prévenir le Maire deux mois avant une restructuration et lui proposer un projet. Si ce projet est rejeté, la Poste doit alors soumettre un second projet, mais si cette fois le Maire le rejette à nouveau, elle a alors la possibilité de passer outre.

Cela nous montre bien le rôle limité qui est accordé aux Maires des communes.

De plus, dans une commune comportant plusieurs bureaux de Poste, nous notons qu’il n’y a plus besoin de l’accord du Maire si la Poste souhaite restructurer ses bureaux.

C’est donc à un recul du rôle de l’élu et de son pouvoir de décision auquel nous assistons.

Maintenir la qualité des Services Publics est une question qui traverse tous les élus, et ceci ne concerne pas que la Poste. Ils sont donc très attachés à la qualité de ces services. Nous sommes confrontés au paradoxe qui veut que les Services Publics se raréfient alors même que la population aspire à ce qu’on la traite avec plus de considération. Nous voyons que là où le service public est le plus délaissé, c’est aussi là que le vote FN est le plus important. C’est ce sentiment d’abandon qui en est la cause principale. Nos territoires, ruraux notamment, souffrent énormément, de ce sentiment d’abandon.

Devant une telle situation, quels moyens de pression avons nous ? La solution d’une action collective s’impose dans la mesure où les actions individuelles, même en produisant des pétitions avec des signatures en grand nombre, ne portent pas toujours leurs fruits.

C’est pourquoi l’idée que nous portons est de mettre le service public de la Poste sous protection des maires et des citoyens. Nous devons faire évoluer les mentalités, aujourd’hui, chacun gère comme il le peut la disparition ou la raréfaction des Services Publics. Il nous faut faire monter une prise de conscience en mobilisant les élus sans distinction politique, créer un climat où la Poste n’ait plus la possibilité d’agir comme en terrain conquis mais soit dans l’obligation de composer avec les besoins de nos concitoyens.

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